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Vendée Globe : deux hommes s’échappent dans l’Océan Indien

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Charles Dalin, en tête de la course dans l’océan Indien. Crédit : Charlie Dalin / Apivia

Bientôt un mois de course et les skippers s’étalent du sud de l’Océan Atlantique à l’Océan Indien. Plus de la moitié des concurrents ont franchi le cap de Bonne-Espérance et deux hommes sont seuls en tête.

Un front et deux hommes en cavale, en tête de la course. Charlie Dalin (Apivia) et Thomas Ruyant (LinkedOut) sont engagés dans une course poursuite avec un front qui s’étend sur 1000 milles au Nord des Kerguelen. L’objectif pour eux est de rester à l’avant de ce phénomène, tenter d’esquiver par le Nord le gros de la dépression qui se forme sur leur route puis attraper le flux modéré de l’anticyclone aux abords du Cap Leeuwin. Dans un monde idéal, si les deux compères réussissaient à exécuter ce plan d’évasion complexe, ils pourraient faire un break décisif sur leurs poursuivants, en plein océan Indien. Mais pour y parvenir, une seule solution : aller vite, très vite. Car cette perturbation, qui va se transformer dans 24 heures en une dépression secondaire virulente, progresse vers eux à la vitesse de 25 nœuds. Il faut donc caler son pas sur cette allure. C’est ce à quoi s’emploient les skippers d’Apivia et LinkedOut, qui maintiennent depuis cette nuit des moyennes élevées aux alentours de 20 nœuds, autrement dit des surfs à 28/30 nœuds. Un train d’enfer qui est facilité par une mer plus sage et alignée dans le sens du vent de nord-ouest. Bâbord amure, Thomas Ruyant peut s’appuyer sur son foil intègre et faire parler la poudre. « C’est plutôt une bonne journée » commente avec une relative décontraction Charlie Dalin, l’homme le plus rapide de la journée. On frôle le record de distance en 24 heures (536 milles) détenu par Alex Thomson, contraint à l’abandon quelques jours plus tôt.

La semaine dernière, la liste des abandons s’est remplie avec celui de Kévin Escoffier (PRB), Samantha Davies (Initiative coeur) et Sébastien Simon (Arkéa Parpec).

Une cours difficile à l’arrière

Les 9 bateaux qui naviguent dans le sillage de Charlie Dalin et Thomas Ruyant se sont fait dépasser par le front (50 nœuds dans les rafales). A l’arrière, l’état de la mer, déplorable, et le fort flux de sud-ouest rendent difficile tout compromis vivable. « On a 45 nœuds et une pluie à l’horizontale » raconte Damien Seguin (4e) dans une vidéo envoyée du bord avant de ralentir fortement, probablement pour résoudre des soucis techniques. « Je n’ai jamais vu une mer comme ça, elle est défoncée, c’est très dur d’avancer, ça tape, le bateau se barre en survitesse sur des surfs à 29 noeuds mais si tu es trop lent, les vagues te rattrapent et s’explosent sur le tableau arrière, c’est n’importe quoi » confirme Maxime Sorel (11e) joint ce matin au téléphone par le Vendée Globe. Jean Le Cam, sauveur de Kévin Escoffier, confiait « Je choisis une route Nord pour échapper aux conditions météo hasardeuses et avoir des mers plus praticables. Les conditions sont musclées depuis plusieurs jours. Il n’y a pas de répit. C’est dur pour les hommes et pour le matos ». Cette lutte engagée entre l’homme et la nature est une bataille perdue d’avance qui impose, comme le roseau, de plier pour ne pas rompre. Et d’oublier la régate pour se recentrer sur soi, sur son bateau. Depuis près d’une semaine, le peloton de tête est entré dans l’océan Indien, qu’il endure ses sautes d’humeur et ses mers démontées. Or, ils n’ont parcouru qu’une partie du chemin dans ces mers hostiles. « Le grand Sud, c’est une course d’endurance qui t’use à petit feu » résume parfaitement le navigateur Sébastien Josse, qui connaît bien ces contrées.

La queue de la course rêve du Cap

Pour le reste de la troupe, ce grand Sud se fait pourtant désirer. Après une bonne journée passée dans les calmes, Alan Roura, Armel Tripon, Stéphane Le Diraison et Arnaud Boissières, ont vécu le passage du Cap de Bonne-Espérance hier (dimanche) comme une libération, une joie. Ce groupe surveille de très près la formation d’une dépression dans le sud de l’Afrique du Sud qui pourrait les enfermer, le long de la Zone d’Exclusion Antarctique. Cet après midi, Manuel Cousin était sur le point de doubler la longitude du Cap Bonne-Espérance. Les prochains sur la liste sont Didac Costa et Pip Hare. Pour les huit retardataires, l’approche de l’Afrique du Sud est encore laborieuse et seul Jérémie Beyou affichait ce lundi une vitesse supérieure à 15 nœuds. Lorsque les leaders auront franchi le Cap Leeuwin, les derniers entreront juste dans l’océan Indien.

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