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Vendée Globe. Clément Giraud aux portes de l’Océan Indien

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©Clément Giraud / Compagnie du Lit / Jiliti

Un mois que Clément Giraud, le navigateur toulonnais, a pris le départ du Vendée Globe à bord du monocoque Compagnie du lit / Jiliti. Un mois qu’il oscille entre grands bonheurs et petites désillusions, bricolage et contemplation. Alors qu’il vient de franchir la latitude des 40èmes rugissants, et qu’il s’apprête à explorer les 50èmes, il devrait franchir vendredi le cap des 40 ans, avant d’entrer dans l’Indien par le bien nommé Cap de Bonne Espérance.

Clément Giraud navigue de cap en cap, step by step, et c’est ainsi depuis qu’il s’est mis en tête de faire le tour. Le grand tour en course, en solitaire, sans assistance et sans escale.

Etre au départ du Vendée Globe était déjà un exploit. Fêter ses 40 ans dans les 40èmes est un accomplissement.

« Cela fait un mois que nous sommes en mer, mon fier esquif et moi. Nous commençons à bien nous connaître. La route est longue et parsemée de nids de poules, alors attention aux amortis. J’ai fait beaucoup de bricolage. Je ne vois pas le temps passer et je prends les choses comme elles viennent. Je me dis que quand c’est dur pour moi ça doit l’être pour les autres aussi. J’ai une grosse pensée pour ceux qui ont été contraints à l’abandon ».

Débat en solitaire

En solitaire depuis un mois, Clément Giraud soliloque et il lui arrive aussi de débattre avec lui-même :

  • « Ouaiiis, c’est bien Clem tes surfs à 26 nœuds, mais t’étais dans le mât il y a 2 jours et tu fais le kakou dans 30 nœuds de vent avec une mer en désordre… C’est un poil too much là.
  • Vas-y mec, t’es collé là, tu affaleras à la limite. Tu vas faire gros jackpot de milles !
  • Mais non Clem, là c’est trop, beaucoup trop ! Tu vas tout péter et t’es à 2.000 milles d’un abri, espèce d’enfant gâté, tu vas jouer ton Vendée pour une poignée de milles ? »

Finalement, c’est la sage décision qui l’a emporté. Réduire un peu et ne pas multiplier les risques. Se souvenir que l’objectif est bien de faire le tour. Facile à dire quand les vagues invitent aux surfs…

Sébastien Roubinet, responsable technique : « On a préparé une job-list qui touche à tout : structure, systèmes de vérins, électronique, etc… Toutes les questions de sécurité ont été validées, voir optimisées. Il s’agit davantage d’un pense-bête pour que Clément n’oublie rien et pour lui faire gagner du temps, parce que techniquement, il est capable de faire sans nous. »

« Mon bateau trotte de latitudes en longitudes »

Le bateau est donc aujourd’hui en très bon état pour s’engouffrer dans le tunnel Indien / Pacifique, loin de toutes terres habitées.

Clément : « Place aux bonheurs immenses que me procure cette extraordinaire expérience, je mesure le privilège de voir mon bateau sur la carte, trotter de latitudes en longitudes. Et je n’oublie pas tous ceux qui ont rendu cela possible, à commencer par Erik qui m’a prêté son bateau et mon équipe qui a pris soin de tous les détails. »

Vendredi 11 décembre, Clément aura 40 ans, et sera aux portes de l’Océan Indien. « La houle se lève, elle est très grosse. Je n’en ai jamais vu de telles. On sent qu’ici les systèmes météo sont énormes. Je me sens tout petit. La nuit est très courte. Les odeurs ne sont plus les mêmes, les lumières sont magiques, l’air est dense. Je vais entrer sur la pointe des pieds, je ne ferai que passer. Il ne faut pas trainer ici. Et je vais continuer à faire ce que j’ai promis depuis le début : partager cette aventure ! »

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